Valorisation des produits locaux : Jacob Ouédraogo un modèle incontestable

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De toute évidence, le développement de l’Afrique ne sera une réalité sans une véritable prise de conscience sur la nécessité de valoriser nos savoirs faire locaux. C’est pourquoi la transformation et la consommation des produits locaux deviennent donc un impératif absolu. A cet effet, l’équipe de FasoPiC (FP) a accordé une interview à un jeune burkinabé qui a fait de la valorisation des produits locaux son cheval de bataille. Il s’agit de Jacob Ouédraogo(JO), Directeur général de la SOBUTRAM.

Valorisation-des-produits-locaux-Jacob-Ouédraogo-un-modèle-incontestableFasoPiC (FP) : Présentez-nous votre entreprise
Jacob Ouédraogo (JO):
La SOBUTRAM est une entreprise qui évolue dans la transformation du moringa. Il est dérivé en plusieurs produits locaux tels que le bissap, la citronnelle, le gingembre, le kekeliba et d’autres infusions qui sont en cours tels que la pâte d’arachide, et la pâte de tomate. Nous avons formalisé notre entreprise en 2018. Mais nous évoluons de façon informelle depuis 2014. Nous avons remporté plusieurs prix tels que le prix Pierre Castel, un prix ivoiro-burkinabé, un prix au Maroc etc.

FP : Combien de personnes avez-vous à votre charge ?
JO :
De façon directe nous avons 13 employés et de façon indirecte nous sommes à 47 sans compter la main d’œuvre que l’entreprise a créé avec nos partenaires fournisseurs et distributeurs.

FP : D’où est venue l’idée de création de SOTBUTRAM ?
JO :
D’abord l’idée est venue que nous devons être autonome, nous devons entreprendre car il ne suffit pas d’aller à l’école et avoir des diplômes, mais il faut trouver quelque chose à faire. L’idée est également née du fait que l’État ne peut pas employer tout le monde. Personnellement j’ai tourné chercher l’emploi en vain. Même le stage je ne l’ai pas trouvé. Alors je me suis dit pourquoi ne pas entreprendre, étant donné que moi-même j’ai la passion. J’ai commencé à entreprendre depuis ma classe de seconde. A l’époque j’ai débuté par l’élevage de la volaille et la construction même existe toujours. Par la suite j’ai fait la savonnerie, le jus et aujourd’hui je me suis stabilisé dans la transformation de tout ce qui est agro.


FP : Quelle est la particularité de vos produits par rapport aux produits importés ?
JO :
Aujourd’hui il faut dire que nous sommes leaders dans tout ce que nous faisons. Par rapport aux infusions que nous produisons, la particularité c’est l’innovation. Il y a toujours une différence dans ce que nous faisons par rapport aux autres. Actuellement au Burkina Faso, nous sommes seuls et unique à avoir fait des produits de qualité. Allant de l’emballage jusqu’au produit fini, en amont et en aval. Emballage qualité, ouverture unique avec micro perforation produit avec ficelle et étiquette. Ce qui est unique au Burkina Faso. Aujourd’hui nous évoluons à 500 paquets produits par jour à l’usine.

FP : Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face dans la vie de votre entreprise ?
JO :
Il faut dire que les difficultés c’est notre quotidien et c’est ça aussi nos défis. Actuellement nous recherchons des investissements pour pouvoir agrandir notre entreprise parce que la demande est plus forte que l’offre. Deuxième niveau, nous voulons par exemple que le produit soit certifié. Aujourd’hui nous avons des commandes à l’extérieur mais le problème qui se pose c’est que le produit n’est pas certifié. Pourtant, les coûts de certification sont aussi élevés. Pour quelqu’un qui débute ce n’est pas évident que tout de suite tu puisses faire tout en même temps. Ce qui fait qu’on est en train d’expliquer à nos partenaires et clients que nous allons arriver à la certification, mais il nous faut des étapes. Heureusement nous avons appris que le gouvernement a décidé d’accompagner 100 entreprises pour la certification. Alors nous nous sommes approchés de l’ABNORM, pour pouvoir bénéficier aussi de cet appui.

FP : Quel message avez-vous à l’endroit des concitoyens qui continuent à ne pas croire aux produits locaux ?
JO :
Ce que j’ai à dire c’est un seul mot. Il y a de meilleur que ce qu’on produit soi-même. Ce que nous importons, nous ne savons pas les composantes. Quand nous évoluons dans les infusions par exemple, nous consommons, nos parents consomment. Aujourd’hui quand tu prends 100 personnes, la plupart souffre soit de la tension, soit du diabète ou d’autres maladies qu’on ne peut jamais finir de citer. Tout vient de ce que nous consommons. Nous sommes malades parce que nous consommons mal. Ce qui est interdit à l’extérieur c’est ce que nous consommons chez nous. Il est donc temps pour nous de nous réveiller. Consommons ce que nous produisons. Tout ce que nous produisons est meilleur et naturel, car Dieu nous a bénis avec une terre riche et on produit tout ce qui est bio.

Propos recueillis par MICHEL CABORE

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