Procès du putsch : Maitre Hermann Yameogo appelle le président du Faso à travailler à la réconciliation

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Maitre Hermann Yameogo était encore à la barre le 23 octobre. Il maintient sa ligne de défense qui est qu’il approuvait bel et bien le coup d’Etat mais qu’il n’a posé aucun acte allant dans le sens d’un soutien quelconque à celui-ci.

« Des communications téléphoniques prouvent au besoin que maitre Hermann Yameogo était encore plus engagé que le général Diendéré » se convainc le parquet. Il en veut pour preuves, ces messages dans lesquels l’accusé fait montre de ses états d’âme par rapport au général. « Je crains qu’il ne se rende » dit en substance l’un des messages envoyés à Léonce Koné. Ce que les avocats de l’accusé ont balayé d’un revers de main : « Il ne s’agit que d’impressions du parquet » estime maitre Antoinette Ouédraogo pour qui la vérité ne se trouve que dans ce que les actes décrivent et que la loi prévoit. Son collègue maitre Yérim Thiam de nationalité sénégalaise que les avocats de la partie civile ont suspecté de porter atteinte au système judiciaire burkinabé pour avoir mis en doute la compétence de la justice militaire, va plus loin : « le combat qu’a mené M. Yameogo contre le retour du président Kafando est des plus légitimes d’autant qu’il fut une victime politique de la politique d’exclusion ». Quoi qu’il en soit, celui qui a décrit la tendance du parquet à toujours prendre la parole après la défense comme un jeu de pingpong estime qu’une opinion ne saurait être un délit pour peu qu’elle n’incite pas mettre une tierce personne en insécurité physique. Dans son mot de fin, Hermann Yameogo- qui ne voit pas l’intérêt de demander pardon pour lui-même – l’a tout de même fait pour les autres, « ces soldats qui consument leur jeunesse au moment où le pays a le plus besoin d’eux et qui faisaient la fierté du pays dans tout le continent ».D’où son appel au président du Faso à se surpasser pour appeler tous les Burkinabé à la réconciliation.

Dans l’après-midi, c’est l’ancien ministre de l’Environnement Salifou Sawadogo qui comparaissait. Comme M. Yameogo, il reconnait avoir milité en faveur de l’inclusion et financé des jeunes pour mettre les domiciles des dignitaires de l’ex-majorité hors de portée d’éventuels vandales mais rejette l’idée qu’il aurait soutenu de quelle que manière que ce soit le putsch, lui le démocrate qui n’a toujours cru qu’aux urnes comme moyens d’accès au pouvoir.

Soumana LOURA

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