Procès du putsch : « les langues de vipère nous allons désormais y répondre » le ministère public

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A l’audience de ce lundi 04 février 2019, quatre témoins ont comparu à la barre. Ils ont prêté serment afin de dire la vérité entre autres sur les évènements du 16 septembre 2015 et jours suivants. Certains des témoins et autres accusés entendu, du fait de l’émotion n’ont pas su se contenir suites à certaines observations du parquet et de la partie civile.

Après avoir présenté ses condoléances aux familles éploré et souhaité un prompt rétablissement aux blessés, le médecin colonel Saidou Yonaba s’est prêté à une série de question de la partie civile – Elle veut savoir à quel moment le colonel Yonaba a été au camp Naaba Koom et qui il a vu dans la nuit du 16 au 17 septembre 2015. « De 21h à 23h j’étais au camp et j’ai échangé avec l’accusé l’ancien bâtonnier Traoré Mamadou. Je suis allé au camp quatre fois jusqu’aux environs de 4h du matin » a répondu le témoin. Il ajoute que lors de cette même nuit, il a vu d’autres accusés comme Adama Ouédraogo dit Damis, Abdoul Karim Traoré de perfectum Afrique et colonel Abdoul Karim Traoré. A cette déclaration du médecin colonel Yonaba, le président du tribunal a appelé à la barre les accusés su-cités. Ils reconnaissent à l’unanimité la déposition faite par le témoin. Cependant, Adama Ouédraogo dit Damiss déclare qu’il ne veut plus jamais répondre aux questions de Me Guy Hervé Kam. « Mr. le président du tribunal, je me connais, je suis un yadga, je vais plus répondre aux questions de Me Kam » a-t-il mentionné. Dans les dépositions de certains accusés et de certains témoins, la partie civile a observé qu’il faudra mieux expliquer à chacun son rôle dans le procès car beaucoup s’emportent et tiennent des propos outrageants. Cela non seulement à l’endroit du parquet, de la partie civile mais également à toute la juridiction. « Les langues de vipère nous allons désormais y répondre » martèle le ministère public.

Faut-il appliqué l’article 120 du code de justice militaire

A la suite du colonel Yonaba, trois autres témoins ont donné leurs versions des faits. La déposition d’un de ces témoins du nom de Michel Ouédraogo a attiré l’attention du parquet. Dans ses propos Michel Ouédraogo, en répondant à une question de la partie civile sème le doute a émis un doute suite à une question faite par la partie civile. Elle demandait à savoir s’il s’était rendu à une réunion du parti le CDP le 16 septembre, et si Eddie Komboigo y était. A ses déclarations, le parquet observe qu’il semble versé dans de faux témoignages. Au paravent dans sa première comparution devant le juge, il dit avoir été à une réunion dans la soirée du 16 septembre où il a vu son camarade Eddie Komboigo. Aujourd’hui ce même témoin dit douter de la présence de son camarade lors de ladite réunion car son camarade dans sa déposition dit n’avoir pas y été. Alors, Il dit douter de la tenue et de la présence de Eddie Komboigo à la réunion. Le parquet a observé à cet effet que le témoin versait dans le faux et demande au président du tribunal Seydou Ouédraogo de le poursuivre afin de mettre en application l’article 120 du code de justice militaire et aussi lever l’humilité parlementaire du témoin. L’article 120 stipule en effet : « au cours des débats, lorsque la déclaration d’un témoin parait fausse, le président peut sur réquisition du commissaire du gouvernement, ou d’office faire procéder à son arrestation sur le champ. Le greffier en dresse procès-verbal adressé au procureur du Faso du ressort du tribunal militaire ».

Selon la défense, aucun des témoins n’a relaté fidèlement les faits à la barre et que si le président appliquait les dispositions de l’article 120, il devrait en faire de même pour les autres. Le président du tribunal a conclu sur cette observation en déclarant : « nous allons sursoir à cette réquisition du parquet et y revenir à la fin de cette phase d’audition des témoins ».

Mireille Bailly

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