Présidentielle au Mali 2018: djandjoba au bord du djoliba

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Les héritiers de Soundjata sont appelés aux urnes le 29 juillet prochain pour départager les vingt-quatre candidats au palais de Koulouba. Il n’y a que deux ‘’patriaches’’ candidats qui se dégagent du lot et qui mènent une campagne vigoureuse : le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), 71 ans, candidat à sa propre succession et son principal rival, Soumaila Cissé dit Soumi (69 ans), chef de file de l’opposition politique. Comme Roch Kaboré du Burkina, IBK a occupé les fonctions de Premier ministre et de président de l’Assemblée nationale avant d’être président de la République. Comme Zéphirin Diabré du Burkina, Soumi, est un leader africain respecté à l’international pour sa compétence et sa vision. Zéphirin Diabré avait d’ailleurs honoré de sa présence la cérémonie d’investiture de celui là qui était à Ouaga à la tête de l’UEMOA (2004-2011).

 

Le grand Mali est menacé depuis plusieurs années par une forte présence terroriste qui déborde sur son voisin burkinabè. Le ‘’djihadisme’’ est sans frontière et la stabilité de la sous-région dépendra de la résolution de la crise malienne. Cette situation d’insécurité qui prévaut au Mali n’a pourtant pas eu des conséquences désastreuses sur la campagne électorale hors mis quelques convois qui ont essuyé des attaques. Dans le nord et le centre du pays, les groupes djihadistes multiplient des attaques, n’empêche que les candidats font la fête pour la pêche aux voix. Virage dangereux dans ce scrutin, l’opposition politique soupçonne le pouvoir d’organiser une fraude en dénonçant l’existence d’un fichier électoral ‘’parallèle’’.

Durant la campagne, les deux favoris du scrutin Keita et Cissé ont tour à tour marqué une virgule à Kidal, bastion de la rébellion où ils ont été accueillis entre drapeau du Mali et celui de l’Azawad ! L’’accord de paix signé à Alger avec les séparatistes du nord est toujours introuvable.

Le Mali souffre de la corruption de ses élites en boubous brodés. La religion aussi, est bien impliquée dans la politique malienne. Des consignes de vote sont passées dans des mosquées ! Une autre forme d’extrémisme qui ne dit pas son nom dans un pays laïc. Soumaila Cissé le leader du parti URD porte un nom maraboutique. Ce Sonrai du nord, on le voit perd le nord en milieu majoritaire manding. Ses partisans se félicitent toutefois du renfort obtenu avec le soutien de cinq anciens Premiers ministres et l’adhésion du célèbre activiste Ras Bath puis du géant musicien Salif Kéita. Quant à IBK, malgré son projet avorté de réforme de la Constitution, et son échec à restaurer la souveraineté du pays, le candidat sortant s’est refait une nouvelle jeunesse, et il a le vent du sahel en poupe. IBK est soutenu en plus de son parti le RPM, par une soixantaine de partis et des centaines d’associations. Néanmoins, l’équation semble compliquée en cas second tour car la coalition ‘’tout sauf IBK’’ prend une épaisseur de roc.

On se rappelle qu’en août 2013, Keïta était élu au second tour de la présidentielle malienne avec 77,6 % des voix contre 22,4 % pour Cissé. Cette élection se tenait quelques mois après une rébellion du MNLA, un coup d’État à la Sanogo et une invasion islamiste MUJAO dans le nord du pays.

Que la paix soit le grand vainqueur de cette élection de 2018 !

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