Migration d’enfants, une bombe à désamorcer

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LES-ENFANTS-PRESENTES-AUX-JOURNALISTES

Deux ans après l’interception de huit enfants dits trafiqués par un certain Karim Sawadogo et ses acolytes en partance pour la Côte d’Ivoire, les services de sécurité de Gonsé ont respectivement appréhendé deux convois de 23 et 29 jeunes dont l’âge est compris entre 16 et 26 ans, les 28 et 30 janvier 2020 passés. Parmi eux, l’on dénombre 38 enfants (13 à 17 ans) et 12 (18 à 28 ans), tous prêts pour rejoindre Bobo Dioulasso, Mali et la Côte d’Ivoire, afin d’être employés sur des sites d’orpaillage. Ils ont été présentés à la presse, ce 3 février 2020 à Ouagadougou.

LE-MINITRE-DE-LA-FEMMEC’était en présence de la ministre de l’action humanitaire Marie Hélène Laurence Marchal/ Ilboudo que les 48 enfants interceptés à Gonsé ont été présentés aux hommes de media. La question de la mobilité des enfants aux Burkina Faso est très préoccupante et mérite beaucoup d’attention. Face à ce constat, affirme la ministre Ilboudo, le ministère de la femme, de la famille et de l’action humanitaire compte lutter contre toutes formes de violences à l’égard des enfants. Parlant des 48 enfants retrouvés sur la route de l’immigration, elle a rassuré que les coupables de ce trafic seront recherchés par la police et soumis à la justice. « Nous allons continuer à sensibiliser les parents et même porter plainte s’il le faut contre le trafic des enfants », a-t-elle dit.

Ces enfants proviennent de Zorgho, de Koupéla et de Boulsa. Et une fois arrivés à Ouagadougou, 34 d’entre eux ont été placés au Centre d’éducation de formation professionnelle (CEFP) de la ville. Certains par contre seront remis à leurs parents car, l’une des actions entreprises au profit de la protection de ces enfants, est leur retour dans leurs familles. Dans ces actions, on note aussi le suivi des enfants dans leur localité pour réinsertion, la sensibilisation des parents au moment de la remise des enfants, etc. A écouter madame Marchal, il est important que les parents s’engagent à lutter contre la mobilité des enfants qui est un phénomène assez sérieux.

Le contexte dans lequel le Burkina est, est en partie lié au problème de manque de travail et surtout la pauvreté. C’est par ces maillent que les terroristes passent pour faire leur recrutement. Mais le problème selon la ministre, c’est que ce sont les parents eux-mêmes qui incitent les enfants à aller travailler. A ce niveau, certains enfants accusent leurs parents d’être à la base de tout. Mais certains parents disent ne pas être au parfum des voyages de leurs enfants. « Je ne savais pas que mon enfant ferait une chose pareille », a laissé entendre Halidou Nabaloum, un parent d’enfant, et de souligner que s’il savait, son enfant ne serait pas dans le groupe parce qu’il ne partage pas du tout cette idée d’incitation au travail. Dans tous les cas, Si l’on prend un parent dont on a eu à ramener plus de deux fois ses enfants, il sera puni selon les textes en vigueur, a renchérit Laurence Ilboudo.

Nicolas Bazié

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