Lutte contre le terrorisme : le MBDHP dénonce des exécutions sommaires

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Les éléments des forces de défense et de sécurité(FDS) ont-ils commis des bavures en début février dans les communes de Banh, Kain et Bamboro? Le Mouvement des Droits de l’Homme et des Peuples(MBDHP) qui a convié la presse le 13 mars, en est convaincu. D’où son appel à l’Etat de prendre des mesures fortes pour éviter une situation de guerre civile.

Comme s’il était conscient du peu d’enthousiasme que son rapport susciterait au sein de l’opinion, le MBDHP a cru bon de rappeler que “nous sommes les premiers à interpeller l’Etat sur les décès des FDS”. Mais ce 13 mars, c’est sur des décès qui portent la marque d’éléments des FDS que le MBDHP décide d’alerter l’opinion. Sur la base d’éléments recueillis et en faisant ses recoupements, il décompte que sur les 146 présumés terroristes abattus dans la nuit du 03 au 04 février, au moins 60 relèvent d’exécutions sommaires. “La plupart de ces victimes ont été réveillées dans leur sommeil” déplore le président Chrysogone Zougmoré.
Le MBDHP estime que le contexte qui a justifié l’opération est tout aussi inexact. Alors que l’armée évoque une mission de riposte en raison de l’assassinat de 14 civils, le mouvement estime qu’il n’y a pas eu de combats et que cet assassinat ne s’est pas produit.

Coïncidence troublante

Autre fait qui n’a pas échappé au Mouvement de défense des droits de l’homme, la connotation patronymique des identités des victimes. “Sur les soixante personnes identifiées, les trois quarts appartiennent à la communauté peule” indique Chryzogone Zougmoré. S’il confie ne pas avoir la baguêtte magique pour venir à bout du fléau terroriste, le MBDHP interpelle l’Etat sur le risque d’exacerbation du sentiment de rejet que pourrait ressentir la communauté peule. “Ce qui est de nature à les emmener à répondre aux sirènes des groupes terroristes et de fait d’engendrer une guerre civile” déplore le président. D’autant que “ce sont les frustrations qui engendrent la radicalisation” soutient-il.
En conséquence, il appellent l’Etat à prendre des mesures fortes de sorte que tous les Burkinabè partagent le sentiment d’appartenance à une même nation. Pour le Secrétaire général du mouvement Ali Sanou, estime que la structure de la société civile qu’est le MBDHP a joué son rôle de sentinelle. “Ce n’est pas en contournant un problème qu’on contribue à le résorber” analyse-t-il. D’où le rapport qui est assorti de plusieurs recommandations.

Soumana LOURA

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