CONSOMMONS BURKINABE : DU VIN MADE IN BURKINA DISPONIBLE CHEZ MADAME NARE

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Le vin made in Burkina Faso est dorénavant une réalité et par rapport à sa qualité, il n’a rien à envier à ceux qui viennent d’ailleurs. Produit à base de matières premières propre du terroir Mme Naré/ Ouédraogo Christine fait de la production du vin son gagne pain depuis environ une vingtaine d’année. D’où lui est venue l’idée de produire du vin au Burkina Faso ? Le produit a-t-il de l’avenir dans un marché inondé par des produits venus d’ailleurs ? Christine Naré nous en dit davantage.

 

FASOPIC (FP) : Qui est Madame Naré/Ouedraogo Christine ?

 

Ouédraogo Christine (OC) : Je suis fonctionnaire à la retraite et reconverti dans la production du vin. La production du vin m’a permis d’avoir plusieurs reconnaissances. Il s’agit entre autre en 1997, lors du salon national de l’invasion et de l’innovation devenu le FIRSIT où j’ai reçu la médaille d’or de l’organisation mondiale de la propriété industrielle. En son temps j’étais la première femme inventrice du salon. Aussi au Sénégal et au Togo j’ai reçu des prix lors des salons qui ont été organisés.

FP : D’où vous est venue cette idée de produire du vin avec des produits locaux ?

OC : Après l’avènement du Président Thomas Sankara qui nous disait de penser à l’avenir du pays, voire comment valoriser les produits du terroir et qui a lancer le slogan « consommons burkinabè », je me suis demandé pourquoi ne pas produire parce que d’habitude je faisais du vin de goyave à l’occasion des fêtes de noël. Et c’est parti comme cela depuis 1994 comme un jeu d’enfant.

FP :Quelles sont les matières premières que vous utilisez pour confectionner le vin ?

OC : Nos matières premières sont essentiellement des fruits de la savane burkinabè. Il ya le « caga » en langue vernaculaire ou détarium en langue scientifique. Ce fruit est sec et est produit dans la région sud du pays. Il ya aussi la pulpe du karité, le « tchagla » ou balanitès en langue scientifique communément appeler « dattes » sauvage. C’est un fruit qui a un goût amère mais réputé être un excellent laxatif. Egalement les jubjubs ou ziziphus. Ce sont ces fruits qui servent de matière première à la production du vin.

FP : Vous dites que vos produits sont naturels, comment se fait la conservation ?

OC : Mes produits sont bio c’est-à-dire sans conservateur ni produits chimiques et sont conservés à température ambiante.

FP : Comment vous commercialisez ce vin « made » in Burkina Faso ?

OC : Au départ j’ai essayé avec des dépôts de ventes mais la plupart du temps au moment du payement il y’a des problèmes et j’ai donc perdu énormément d’argent. Alors, j’ai arrêté cela et je n’ai qu’une seule boutique dans la ville de Ouagadougou ou j’expose. Il y’a aussi le ministère de l’environnement qui de temps en temps prend nos produits et les expose dans les boutiques témoins.

FP :Une entreprise c’est la conciliation de plusieurs efforts, alors combien de personnes la vôtre emploi-t-elle ?

OC : Pour certains travaux quand il y a beaucoup à produire en plus de l’équipe de quatre personnes que nous constituons, il y a des journaliers que nous recrutons pour nous aider.

FP :Comment se fait la promotion de votre produit entièrement bio ? Aviez-vous un accompagnement du gouvernement ?

OC : Non, au Burkina Faso la promotion des produits locaux traine le pas. Réuni en association, nous avions toujours demandé au gouvernement de nous laisser présenter nos produits par exemple lors des grandes cérémonies telle que les décorations et autres activités mais jusqu’à présent notre requête n’a pas encore portée fruit.

FP :Il y a sur le marché plusieurs types de vin importé, comment se comporte votre produit face à la concurrence ?

OC : La plupart du temps les vins importés sont des « tors boyaux » et probablement les producteurs eux même n’en consomment pas. Ce sont par moment des produits fabriqués juste pour exporter et non pour la consommation locale. Généralement ces vins sont très moins chers sur le marché et nous ne savons pas à partir de quoi ces produits sont faits. Néanmoins, il y a toujours des gens qui sont en quête de la qualité et du naturel, ces personnes consomment nos produits.

FP :Combien le citoyen lambda doit il débourser pour savourer le vin made in Burkina Faso ?

OC : Il faut débourser à partir de 2500f pour le prix du gros. Parce que l’emballage coute chère et c’est pour cette raison on peut l’avoir à ce prix. L’emballage était un sérieux problème pour moi mais aujourd’hui j’ai pu me confectionner des emballages de qualité et je compte m’en tenir à celle-ci pour les années à venir.

FP :Quel appel avez-vous à l’endroit du peuple burkinabè et des consommateurs de vin ?

OC : Le seul appel qu’on a toujours lancé c’est consommons burkinabè. Tant que nous n’allons pas consommer burkinabè, nous implanterons jamais une industrie, des usines qui vont produire, qui vont employer du personnel donc tout cela c’est de l’argent qui sort qui ne reste pas dans notre pays.

 

Interview réalisée par Blanche BAILLY (Stagiaire)

 

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