Procès du putsch manqué : les avocats de Diendéré relèvent des incohérences

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Les avocats de la défense du général Gilbert Diendéré, poursuivi dans le cadre des évènements du 16 septembre 2015, étaient face à la presse le jeudi 8 août 2019, à Ouagadougou. L’objectif de la conférence était de relever les limites constatées dans la procédure pénale dans le cadre du procès de leur client.

Depuis le début du procès du coup d’Etat manqué du 16 sept 2015, les avocats du général Gilbert Diendéré, ne cessent de soulever des incohérences tant au niveau du juge d’instruction qu’au niveau du ministère public. Pour eux, la procédure pénale n’a pas été faite dans les règles de l’art. C’est dans cette logique qu’ils ont organisé une conférence de presse pour prendre l’opinion publique nationale et internationale à témoin sur la grave violation des textes dans ce procès. A les entendre, le général n’a pu choisir librement ses avocats. Aussi, il n’a communiqué avec ses avocats que seulement en présence des gendarmes pendant sa garde à vue, alors qu’il devrait bénéficier des conseils de ses derniers à huit clos.

Autre faille dans la procédure: c’est plusieurs jours après son arrestation que le général a su de quoi il était reproché. Pire encore, c’est que le parquet militaire n’arrive pas à démontrer à travers des preuves palpables, les accusations portées contre le général Diendéré. « Comme le drame de Norbert Zongo,on aurait dut faire la traçabilité des balles qui ont fauché les vies afin de retrouver les vrais coupables » a laissé entendre maitre Paul Kéré. C’est dans ce sens que la défense parle de violation du droit de l’accusé et les règles de la procédure.

Selon maitre Jean Yaovi Dégli, porte-parole de la défense du général son client n’est ni auteur ni complice de toutes les charges qui pèsent contre lui. « Le général n’est coupable de rien. Il a tout simplement pris la responsabilité face à la situation pour éviter que le pays ne soit plongé dans le chaos. Je voudrais vous rappeler que le général n’est pas la source de tout le mal que vit le Burkina Faso, il a aussi posé de bonnes actions pour le pays. C’est pourquoi je souhaite qu’il soit jugé et puni pour seulement ce qu’il a fait et non sur des calculs politiques » a déclaré maitre Jean Yaovi Dégli.

Parlant d’attentat à la sureté de l’Etat, maitre Paul Kéré souligne que le régime de la transition était illégal, basé sur des textes rédigés par un groupe d’hommes. Pour cela cette charge ne peut être portée contre son client. « Le régime de la transition est un régime bâtard car la constitution elle-même a été violée . Personne n’a élu les autorités de la transition » a déploré maitre Kéré. Pour terminer, maitre Jean Yaovi Dégli, a exhorté le tribunal à opter pour l’équilibre de la justice au moment du verdict final afin de garantir la paix et la sécurité au Burkina Faso. Pour l’avocat, il est parfois nécessaire de sacrifier la justice punition au détriment de la justice réparation. « Il faut modeler la justice en fonction des résultats que l’on veut avoir » a conclu maitre Dégli.

Michel Caboré

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