Procès du putsch : maitre Mireille Barry regrette le silence de l’armée au moment des faits

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A l’audience du 10 juillet 2019 au tribunal militaire de Ouagadougou, trois avocats ont successivement plaidé pour le colonel major Boureima Kiéré, ex-chef d’état-major particulier de la présidence. Il s’agit de Mireille Barry, Dieudonné Bonkoungou et Michel Traoré.

Maitre Barry, a tout d’abord rendu hommage aux victimes , aux disparus des évènements douloureux avant de rentrer dans le vif du sujet. Inculpé pour complicité d’attentat à la sureté de l’Etat, de meurtres, des coups et blessures volontaires, le ministère public a requis 5 ans de prison avec sursis contre le colonel-major Kiéré, dans le cadre du coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015. Selon le récit du parquet, le colonel major aurait soutenu et assisté l’action des putschistes. A ce titre on lui reproche d’avoir fait un financement au RSP qui a contribué à la galvanisation des troupes. Il est aussi accusé d’avoir signé le communiqué n°1 du Conseil National de Démocratie (CND) et pour avoir aussi ordonné une mission au capitaine Gaston Ouédraogo à la frontière ivoiro-burkinabé pour la récupération du matériel de maintien de l’ordre destiné aux putschistes. Au regard de ce qui précède le parquet retient qu’il a donc participé activement et soutenu les actions du CND. Cependant, maitre Barry estime que son client est innocent comme tous les autres chefs militaires. En effet selon elle, il n’a ni participé à l’arrestation, ni à la séquestration des autorités de la transition.

Aussi soutient-elle, le colonel major Kéré n’a jamais donné de l’ordre ni pour porté des coups, ni pour blesser à plus forte raison de tuer des manifestants. Elle précise également que son client recevait des ordres du général Diendéré, qui est un supérieur hiérarchique. Maitre Barry dit ne rien comprendre le motif de toutes les charges qui pèsent contre son client qui a pourtant porté secours à des responsables politiques. Il s’agirait entre autres de Simon Compaoré, de Safiatou Lopez, de Zéphirin Diabré, de Roch Marc Christian Kaboré et bien d’autres qui l’ont contacté pour des besoins de sécurité. L’avocate n’a pas manqué de montrer son regret sur le silence de la hiérarchie militaire lors des évènements. C’est pourquoi pour elle, aucune charge n’est constituée .Par conséquent elle demande au tribunal l’acquittement, à défaut des conditions atténuantes pour son client. Maitre Bonkoungou et maitre Michel Traoré ont unanimement à leur tour soutenu la plaidoirie de leur prédécesseure.

Appelé à la barre le colonel major déclare : « C’est regrettable pour ce qui est arrivé le 16 septembre 2015, mes compassions aux familles des victimes. Je souhaite que l’armée n’intervienne plus dans la gestion des affaires de l’Etat ». Il faut noter que maitre Alexandre Sandwidi a aussi pris la parole pour le compte du sergent Koussoubé Roger. Mais il n’a pas pu faire de développement car l’heure de la suspension pour la journée a très vite sonné. L’audience des plaidoiries se poursuivra le vendredi 12 juillet 2019, au tribunal militaire de Ouagadougou.

Michel Caboré

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