Procès du putsch : Daouda Koné Beyon II, l’officier qui ignorait l’existence d’un coup d’Etat

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La journée du 17 Aout a essentiellement été marquée par la comparution de l’officier Daouda Koné. Officier de grade de lieutenant, il a n’a pas reconnu les chefs d’accusation portés à son encontre. Et pour cause, il n’a su qu’il y avait coup d’Etat que le 21 septembre.

 

Daouda Koné venait d’arriver du Soudan. Il est décoré d’une médaille ‘’agrafe Soudan’’ et était officier de ordinaire et à ce titre, chargé du ravitaillement alimentaire de la troupe. Il raconte avoir été informé de la rétention des autorités de la Transition par le général Gilbert Diendéré dans la mi-journée du 16 septembre au PC central. Mais assure-t-il « je ne pouvais pas imaginer qu’il s’agissait d’un coup d’Etat ». Le lendemain fut peu ou prou caractérisé par le même train-train que le 16. L’accusé avoue avoir su que y avait crise mais relate avoir supposé qu’il s’agissait tout simplement d’un des nombreux soubresauts dont le Régiment de sécurité présidentielle(RSP) était l’objet à l’époque. Même la venue des chefs d’Etat de la sous-région ne l’a pas donné plus d’indications à ce sujet.

Le 18 septembre, alors qu’il avait pour charge de sécuriser les convois des présidents sénégalais et béninois, son père en passe d’être lynché par une horde de manifestants, l’a appelé au secours. « Je suis donc allé le sauver d’un lynchage certain et ce, sans faire usage de mon arme parce qu’il avait réussi à escalader le mur pour se retrouver chez le voisin ». Etaient présents à la rencontre des chefs d’Etat, le colonel Tuandaba Coulibaly, le général Pingrinoma Zagré, le chef d’Etat-major de l’armée de l’air et « bien d’autres officiers ». « Le général Zagré m’a même prodigué des encouragements » précise-t-il.

Pour le procureur et la partie civile, les aveux du lieutenant ne reflètent en rien la réalité d’autant qu’il commandait une compagnie et ne pouvait être qu’au fait de ce qui se tramait. D’où leur exigence à ce que l’accusé explique ce qu’il entend par « rétention des autorités », « Comment il explique que l’on en veuille à son père seulement ce jour et pas les autres ?». « Pourquoi sur les réseaux sociaux on parlait de coups d’Etat… ». « Pourquoi ce n’est pas le président Kafando et bien d’autres qui ont accueilli les chefs d’Etat étrangers ? ». Ce qu’il a entrepris une fois qu’il a appris qu’il y avait coup d’Etat ?…

Pour son avocat Stéphane Ouédraogo, qui va entamer sa plaidoirie le 18 Aout, les auteurs du coup d’Etat sont connus et l’arrestation du lieutenant- qui s’est produite le 28 septembre- était la plus ordinaire qui soit. « Les circonstances dans lesquelles les événements se déroulaient ne donnaient la latitude à quiconque de prendre une initiative de quelle que nature que ce soit ».

Soumana LOURA

 

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