« NOTRE SERVICE DE RENSEIGNEMENT ET NOTRE ARMEE MERITENT D’ETRE REVU ET RECADRE » ABDOUL OUEDRAOGO DIT KABILA

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Le Burkina Faso, depuis un certain temps est devenu la cible des terroristes en témoigne l’attaque du 02 mars dernier en plein centre à Ouagadougou. Pour Abdoul OUEDRAOGO dit Kabila, coordonnateur de l’association jeunesse africaine pour l’unité d’action pour le développement le problème peut se trouver au niveau des hommes. Il fait une analyse critique de la situation. De l’attaque du 02 mars 2018

 

Avant tout propos je voudrais d’abord m’incliner sur la dépouille des défunts, meilleur santé aux malades et beaucoup de courage aux familles et à toute la nation. Le 02 mars le Burkina Faso a été touché de plein cœur par une attaque terroriste à l’ambassade de la France et l’État-major de l’armée qui constitue le socle de notre survie. Il faut noter que notre service de renseignement avait été informé d’une éventuelle attaque mais nous ne comprenions pas pourquoi cela est-il arrivé malgré qu’on ait l’information ? Nous avons perdu des soldats et nous demandons la clémence de tout le monde, de savoir que ce qui est arrivé au Burkina peut arriver à d’autres pays et c’est déjà arrivé d’ailleurs. A peine trois jours le Nigeria a été touché, c’est pour dire que personne n’est épargné par les groupes terroristes.

Il nous a été rapporté à travers la presse et les réseaux sociaux que le service de renseignement a été informé. La France et les Etats Unies avaient déjà lancé l’alerte sur leur site pour dire de faire attention parce que imminent les pays de G5 sahel peuvent être attaqué. Sur les mêmes sources d’informations, il s’est avéré que c’est suite à l’attaque de l’armée française au nord du mali que les mouvements terroristes ont décidé de faire la riposte. Pour dire que tous les pays qui sont en accord avec la France pour les empêcher d’exister auront de leur nouvelle.

« Il n’y a pas de cohésion sociale au sein de notre armée »

Pour ce qui concerne les failles de notre système de renseignement, il faut noter qu’ au regard de ce que nous attendons et de ce que nous voyons, il n’y a pas de cohésion sociale au sein de notre armée ; et nous l’avons décrié fort longtemps. Nous ne savons pas ce qui se passe au sein de notre armée. Il faut dire que, pour moi en tant qu’activiste et lanceur d’alerte, notre service de renseignement et notre armée mérite d’être revu et recadré. Pourquoi ça ne marche pas au sein de notre armée ? Pourquoi il y a de bisbilles au sein de notre armée ?

« Il ne fallait pas supprimer le RSP »

Depuis les évènements de 2007 et 2009 nous avons constatés qu’il y a eu une fissure au sein de notre armée, de part et d’autre les gens ont dit qu’il y a une armée dans une armée et cette armée c’était le RSP. Nous avons décrié le comportement du RSP en son temps mais nous avons dit, malgré le comportement du RSP, il faut le maintenir car c’est une armée d’élite. Le Burkina était craint et respecté dans ses actions militaires à cause du RSP. Aujourd’hui le RSP n’existe plus et à son temps on avait dit de réorienter les missions du RSP au lieu de le faire disparaitre. Aujourd’hui nous avons un armement qui ne sert à rien car nos soldats ne savent pas les utiliser. Notre service de renseignement doit revoir sa copie et voir comment collaborer avec la population, les stratégies d’approche. L’Algérie était le pays le plus attaqué dans les années 90-91 jusqu’en 2000 et pourquoi aujourd’hui ce n’est plus le cas ? Certainement que le renseignement à utiliser d’autres stratégies et nous pouvons nous inspirer des expériences de ces pays-là.

« Le ministère de la sécurité et le ministère de la défense doivent impérativement appartenir aux forces de défense et de sécurité. »

Le problème peut se trouver aussi au niveau des hommes, Simon COMPAORE avait été nommé ministre de la sécurité et nous avons demandé à ce qu’on enlève parce qu’en tant civil ce n’est pas évident qu’il puisse maitriser les contours et les actions de notre sécurité. Aujourd’hui encore il y a un autre civil qui revient, Clément Pengwende SAWADOGO comme ministre de la sécurité. Je me rappelle très bien qu’en décembre 2016 lors de l’adresse du président à la nation, il avait dit que la loi avait été modifiée et qu’il avait pris des engagements de la possibilité de nommer des militaires, des FDS à des responsabilités données si la nécessité se présentait. Aujourd’hui il y a nécessité que le président du Faso revoie la façon dont il nomme ses hommes. Le ministère de la sécurité et le ministère de la défense doivent impérativement appartenir aux forces de défense et de sécurité.

Propos recueillis par Aubin OUEDRAOGO (Collaborateur)

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