« J’ai hérité la production laitière de mon père », Nour AL Ayatt Ouédraogo, producteur laitier

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Marié et père de quatre enfants, Nour Al Ayatt Ouédraogo est un producteur laitier possédant une ferme de quarante têtes de bœuf, situé dans le quartier Zagtouli de Ouagadougou. Electricien de formation, il a plusieurs cordes à son arc.  En plus d’être le responsable du maillon production, il est le président de la « Filière lait » au Burkina Faso et par la même occasion, Directeur de la ferme Wendkuni. Pourquoi cet intérêt pour la production laitière ? Nous vous invitons à aller à la découverte de ce brave homme pour en savoir plus.

FP : Décrivez-nous le processus de la production laitière ?

NO : j’interviens dans le domaine de la production laitière. Ce domaine est dans notre contexte, un élevage amélioré avec la race exotique, c’est-à-dire un croisement par insémination artificielle avec les races françaises. Ces animaux nous permettent de produire en moyenne 350 à 400 litres de lait par jour. Ce lait est ensuite distribué aux différents transformateurs de la place pour en faire les différents produits laitiers. Nous avons deux systèmes de traite dont la traite mécanique avec un chariot pour traire et qui prend deux vaches en même temps. Aussi, cette technique permet d’avoir du lait de qualité avec un certain nombre d’hygiène qui est requis. Mais nous utilisons toujours la méthode traditionnelle, dont la traite manuelle.  Dans ce domaine nous sommes regroupés au sein d’une organisation dénommée « Filière lait » et défendent les intérêts de cette filière au Burkina Faso.

FP : Comment se porte la filière lait au Burkina Faso ?

NO : Je peux dire que le marché est là, mais le domaine ne se porte pas bien. Parce que, nous n’avons pas de politique au niveau de la filière afin d’aider son développent. Des mesures fortes ne sont pas prises par le gouvernement pour permettre aux acteurs de mieux s’affirmer dans ce domaine. Donc pour le moment, il n’y a pas de vision pour la filière. Par ailleurs, nous avons quelques projets et programmes, mais cela ne permet pas de mener à bout nos initiatives afin de booster ou d’améliorer la production. Donc une politique qui va dans le sens de la production laitière viendrait à résoudre plusieurs de nos problèmes.

FP : Quels sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontés ?

NO : Nous sommes confrontés aux difficultés de sécurité foncière. Nous sommes un peu limités parce que nous n’avons pas de zone de production. Déjà quand nous venions ici autrefois, c’était la brousse mais aujourd’hui la ville nous a rattrapé. Donc nous faisons face à un problème de manque d’espace pour nos productions. Et même si on venait à en trouver, les coûts sont exorbitants de nos jours. Une autre difficulté, qu’on note, c’est la concurrence déloyale avec le lait en poudre. Nous avons une multitude de gamme qui rentre, ce qui plombe un peu notre marché. Pour finir nous avons des difficultés d’ordre alimentaires et des maladies qui déciment le troupeau des races exotiques c’est-à-dire les métis.

FP : Pourquoi avez-vous choisi le domaine de la production laitière alors que vous êtes électricien de formation ?

NO : Je peux dire que l’exploitation laitière est familiale pour moi. Je tiens ça de mon père et je peux affirmer que c’est un domaine qui nourrit son homme. En effet, il a eu l’initiative dans les années 1980 de s’investir dans ce domaine. Nous avons commencé avec la race locale et nous produisions 2 à 3 litres de lait par jour. A l’époque, c’était le monastère de Koubri qui était le pionnier dans la production de lait, et leurs premiers métis pouvaient produire entre 8 et12 litres par jour. Moi en tant qu’élève je me suis investi là-dedans et nous avons obtenu nos premiers métis aussi. C’est dans cette dynamique que mes ambitions pour la production de lait sont nées. Personnellement, j’aime l’élevage car je suis né dans les animaux et à un moment donné je me suis dit pourquoi laissé du travail pour aller chercher du travail. C’est dans ce sens que J’ai écourté mon cursus scolaire afin de venir déployer mes moyens dans la production. Aujourd’hui, je ne regrette rien car j’emploie plus de 20 personnes.

Flore Kini (stagiaire)

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