Douane : Le torchon brûle entre le syndicat et l’administration

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Le Syndicat national des travailleurs des douanes (SYNATRAD) a convié les hommes de médias à un point de presse le mardi 16 octobre 2018. Le retard dans l’adoption de certains textes d’application de la loi 104/2015/CNT préjudiciable à toute l’administration des douanes, la tentative de liquidation du processus de reprise en main par la douane de ses fonctions externalisées par des manœuvres dilatoires, constituent l’essentiel des sujets abordés.

« La promulgation de la loi 104/2015/CNT du 27 Décembre 2015 portant statut du cadre paramilitaire des douanes a pour objet de permettre le bon fonctionnement de l’administration des douanes à travers l’adoption des textes d’application de nature à assurer une bonne gestion des ressources humaines ». Tels ont été les propos de Boubié Bazémo, secrétaire général adjoint (SGA) du Syndicat national des travailleurs des douanes (SYNATRAD) a l’entame de sa déclaration liminaire. Il a ajouté que certaines reformes recommandées par des partenaires techniques et financiers sous la houlette de l’Organisation mondiale des douanes et entreprises par la douane Burkinabè à travers son plan stratégique, devraient contribuer fortement à faire d’elle une administration performante, équitable et transparente.

Pourquoi le syndicat crie-t-il à une prise d’otage de l’administration ?

Selon le SGA, les douaniers ont une capacité absolue d’accomplir toutes les taches relevant de leur métier. Dans la même veine, explique Boubié Bazémo, le Syndicat a demandé expressément de mettre fin à la convention signée avec la société d’inspection COTECNA, relative à la mise en œuvre du programme de vérification des importations (PVI) au Burkina Faso, avec selon lui des avantages d’éviter à l’Etat de continuer à payer pour un service qui est pleinement assuré par la douane et réaliser ainsi l’économie des sommes facturées par la COTECNA. En effet, à la suite du mouvement des agents du ministère de l’économie et des finances, précise le SGA, des assurances avaient été données par le SYNATRAD pour assurer sa disponibilité à accompagner l’administration. Le contrat a pris fin le 07 septembre dernier. Mais qu’à cela ne tienne, souligne M. Bazémo, l’adoption de certains textes d’application de la loi 104/2015/CNT, d’une importance capitale dans la réussite des missions de la douane se fait attendre malgré selon lui les larges concertations. Il poursuit en enfonçant le clou : « la réorganisation de la direction générale des douanes à travers un organigramme prenant en compte la reprise des fonctions externalisées suite à la fin du contrat de vérification avec les sociétés d’inspection est renvoyée aux calendes grecs ».

Il va plus loin en disant que les nominations des responsables de différents services et offices, dont les critères devraient être la compétence et la gestion efficace des ressources humaines, dans le contexte de défis majeurs pour un recouvrement optimum des recettes, sont bloquées parce que certains collègues exigent des modifications avant la signature des actes y relatifs. Alors, le SYNATRAD sous la houlette de Boubié Bazémo dénonce : « la prise en otage des nominations dans l’administration publique des douanes qui s’apparente à une politisation de celle-ci, le retard dans l’adoption de certains textes d’application de la loi 104/2015 introduits depuis mars 2018 préjudiciable à toute administration des douanes et la tentative de liquidation du processus de reprise en main par la douane de ses fonctions externalisées par des manœuvres dilatoires ». Par ailleurs, le SGA a invité le gouvernement à s’engager résolument à accompagner l’administration des douanes et à se départir des nominations iniques, partisanes et complaisantes.

Thierry KABORE (Collaborateur)

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