Création d’une banque d’agrobusiness : 5 milliards de francs CFA en sacrifice

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LE-PRESIDIUM

Le secteur agricole burkinabè présente d’énormes potentialités à valoriser, afin d’accroitre sa part contributive à la création de richesses nationales. Et les principaux défis portent sur l’intensification et la diversification de la production, l’accès des acteurs du secteur au financement et à la liaison entre la production et le marché. Pour donc développer le secteur, le ministère de l’agriculture a lancé, ce mardi 4 février 2020, un Projet d’appui à la création d’une banque d’agrobusiness (PACBA) dont le financement s’élève à 5 milliards de francs CFA.

LES-PARTICIPANTS-AU-LANCEMENTLa BAD va apporter cinq milliards FCFA à l’Etat burkinabè pour sa prise de participation au capital de la Banque agricole du Faso (BADF). Un appui qui aidera à mettre en place un dispositif de sécurisation de l’environnement de financement agricole, à un coût global de 989 millions de francs CFA. Avec pour objectif la contribution à l’augmentation du taux de croissance du secteur agricole et à l’amélioration de sa productivité, en vue d’une réduction de la pauvreté et de renforcer la résilience du milieu rural Burkinabè, le projet pour le ministre de l’agriculture Salifou Ouédraogo, permettra à la BADF d’amortir les éventuels chocs liés aux aléas climatiques et la variation des prix des produits intrants agricoles, à travers la mise en place de l’assurance agricole et le dispositif de warrantage et la tierce de détention. Selon son propos, il est important de réduire les risques inhérents aux financements des activités (climat, débouchés, aléas sanitaires, etc.), et de renforcer les capacités des acteurs, pour une meilleure maitrise de la chaine des valeurs. En clair, l’on doit prendre les options permettant d’éviter les pertes de production.

A entendre Pascal Yembiline, représentant pays de la BAD au Burkina Faso, l’agriculture burkinabè occupe une place prépondérante dans l’économie nationale car, elle fournit 61,5% des revenus monétaires des ménages agricoles. Cependant, indique-t-il, le secteur ne reçoit que 3,5% des financements bancaires et ses activités restent très dépendantes de la variabilité des conduites agro-climatiques. En élargissant l’accès au financement et en proposant des produits de couvertures contre certains risques agricoles, le PACBA constitue une réponse adaptée en faveur des populations, notamment paysannes, qui sont constamment confrontées au double défi des aléas climatiques et l’absence des ressources pouvant soutenir leurs investissements dans le secteur, si on en croit monsieur Yembiline. Mais il reste convaincu que l’amélioration de l’accès au financement agricole et la sécurisation de l’écosystème par le biais de l’assurance agricole complétera et amplifiera l’impact de ses projets et celui des autres bailleurs dans le secteur. Pour rappel, le lancement officiel du projet est accompagné par un atelier de formation du personnel de ce même projet. Il s’agira faut-il le dire, de renforcer les capacités de ce personnel en question.

Nicolas Bazié

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