CPI : un nouveau ‘’gros poisson’’ bientôt dans les filets de Fatou Bensouda

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30 juin 1989-11 avril 2019, cela fait exactement 30 ans que l’ancien Président du Soudan Omar Hassan Ahmed El-Béchir a géré le pays d’une main de fer insupportable. 30 ans d’oppression, de crimes sordides, de meurtres, d’injustice bref, 30 ans de massacres sans précédent, voilà entre autres la terreur que l’ex dictateur Soudanais a semé à Khartoum.

Renversé le 11 avril 2019 dernier par des manifestants fous et furieux qui ont pris d’assaut les rues de la capitale, Omar El-Béchir va bientôt comparaître devant la Cour pénale Internationale (CPI), pour répondre des exactions commises. Cette annonce a été faite le 11 février 2020 par le porte-parole du gouvernement en place.

Après deux mandats internationaux (2009 et 2010) émis contre le tout puissant El-Béchir, le Soudan, pays qu’il a dirigé pendant trois décennies sans partage, a décidé de le faire visiter le ‘’totem rouge’’ qu’il a toujours évité : la CPI. Militaire, islamiste, champion des pétrodollars, criminel recherché, ce président déchu est un autocrate aux multiples visages. En effet, pour l’opinion internationale, l’ex dictateur, qui a écrasé impitoyablement toute rébellion ou opposition depuis son accession au pouvoir en 1989 par un coup d’Etat, a surtout pris le visage d’un criminel recherché. Lorsque les milices arabes pro-régime Janjawid terrorisaient la population, dans le conflit du Darfour en 2003, l’ONU en son temps avait fait un bilan de 300 000 personnes massacrées et plus de 2,5 millions de déplacés. C’est suite à ces tueries macabres que la CPI avait émis en 2009, un mandat d’arrêt international contre lui pour « crimes de guerre », « crimes contre l’humanité » et pour « génocide » depuis 2010. Des mandats d’arrêts qui ont été mystères et boule de gomme, puisque durant les 30 ans, il a su esquiver les obstacles et les menaces qui se présentaient à lui.

Il faut aussi préciser qu’après la destitution de cet ancien dirigeant, le gouvernement de la transition n’avait pas autorisé son extradition à la Haye. Et même si le Soudan n’avait pas ratifié le traité fondateur de la CPI, le pays a l’obligation juridique d’arrêter Omar El-Béchir. Car l’enquête sur les crimes au Darfour a été effectuée sous mandat de l’ONU, dont le Soudan est membre. Les Forces pour la liberté et le changement (FFC), qui ont mené la contestation contre monsieur Béchir, ont dit n’avoir aucune objection à une extradition. En plus de l’affaire de corruption et les accusations devant la CPI, l’ancien homme fort du Soudan pourrait devoir répondre d’autres crimes présumés devant la justice de son pays. Partant de « corruption » aux « crimes contre l’humanité » en passant par les « crimes de guerre », c’est vraiment l’épée de Damoclès qui pèse sur les épaules de Omar Hassan Ahmed El-Béchir. En tout cas, la redoutable procureure de la CPI Fatou Bensouda l’attend avec impatience.

Nicolas Bazié

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