Burkina Faso : Mahamadou Bonkoungou, « l’ami » des présidents

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La réussite de l’entreprise de BTP Ebomaf a permis à son fondateur de tisser des liens étroits avec de nombreux chefs d’État d’Afrique de l’Ouest. Doté d’un solide carnet d’adresses, le patron burkinabè diversifie maintenant ses activités tous azimuts.
Malgré lui, Mahamadou Bonkoungou se retrouve au centre de toutes les attentions. En 2016, l’homme d’affaires burkinabè a été en toute discrétion l’un des bailleurs de la campagne de Lionel Zinsou à la présidence du Bénin.
Deux ans se sont presque écoulés et, en dépit des multiples reconnaissances de dette de l’ex-candidat, l’entrepreneur n’a toujours pas réussi à se faire rembourser. Une décision du tribunal de grande instance de Paris vient de mettre l’affaire, pour laquelle plusieurs présidents ont tenté une médiation, sur la place publique.
La somme n’est pas modeste : 22 millions d’euros. Voilà qui confirme ses liens étroits avec un certain nombre de dirigeants politiques africains, mais surtout la dimension prise par le patron du groupe Ebomaf, qui ne veut plus se limiter au BTP.
À la fin d’octobre 2017, la ministre burkinabè de l’Économie, Rosine Sori-Coulibaly, autorisait par arrêté la modification de l’actionnariat de Banque de l’habitat du Burkina Faso (BHBF). Mahamadou Bonkoungou, 51 ans, prenait alors possession, à côté d’autres petits porteurs, de 51 % du capital de l’établissement, jusque-là bras financier du gouvernement pour sa politique du logement.
Pour prendre le contrôle de BHBF, il a déboursé près de 7 milliards de F CFA (10,7 millions d’euros). Une opportunité créée par l’évolution de la réglementation dans l’Uemoa, qui impose désormais un capital minimal de 10 milliards de F CFA aux établissements bancaires, obligeant la Banque de l’habitat à se recapitaliser.
J’ai pris le contrôle de BHBF pour la transformer en véritable banque universelle
« J’ai pris le contrôle de BHBF pour la transformer en véritable banque universelle. Nous comptons également appuyer le financement des logements sociaux et promouvoir les secteurs économiques clés au Burkina » , déclare alors Mahamadou Bonkoungou à Jeune Afrique.
BHBF restera donc un acteur financier majeur du plan de construction de 40 000 logements sociaux, estimé à 450 milliards de F CFA, lancé par le président Roch Marc Christian Kaboré et le Premier ministre Paul Kaba Thiéba. Le chef d’entreprise envisage déjà le développement régional de sa nouvelle acquisition.
Commerce informel
Expansion et diversification sont les maîtres mots de l’homme d’affaires, qui a fait ses armes dans la construction après avoir débuté dans le commerce informel puis dans l’importation de véhicules d’occasion.
Une activité grâce à laquelle il est aujourd’hui présent au Burkina, au Togo, au Bénin, au Tchad, en Côte d’Ivoire et en Guinée. En Afrique de l’Ouest, Ebomaf, fondé en 1989, emploie quelque 7 000 collaborateurs, dont de nombreux Européens parmi ses managers et ses ingénieurs, indique le site internet du groupe. « Si ce succès peut inspirer la banque, nous prodiguerons les conseils nécessaires », confie le patron.
http://www.jeuneafrique.com/mag/538711/economie/burkina-faso-mahamadou-bonkoungou-lami-des-presidents/

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