Burkina Faso : «il faut une loi d’urgence qui englobe toutes les situations de crise » Dr Antoine KABORE

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Les membres de l’initiative AVOVID-19 était face à la presse ce jeudi 30 avril 2020 à Ouagadougou. Au menu : des échanges ayant traits à la gestion de la pandémie de la maladie à Coronavirus au Burkina Faso abordé en long et en large dans leur rapport intitulé « Initiative sur la gestion juridique de la pandémie au Burkina Faso ».

Depuis la confirmation des premiers cas le 09 mars 2020, les pouvoirs publics s’efforcent tant bien que mal dans la prise de décision pour faire face à la maladie. En effet, le Burkina Faso étant un état de droit, les mesures prises même de la manière la plus hâtive doivent rester conformes à des exigences juridiques minimales. Cependant l’initiative « Avocats face à la Covid» en abrégé « AVOVID-19 » a constaté que les procédures et les moyens dérogent aux normes juridiques en vigueur.

Selon Dr Antoine Kaboré, sur le plan de gestion juridique de la crise, les mesures prises par les pouvoirs publics souffrent d’un problème de fondement juridique. Il s’agit dit-il :« du décret présidentiel du 21 mars instaurant le couvre feu qui ne trouve aucun fondement juridique solide dans la législation de crise en vigueur au Burkina Faso ». Aussi, il rajoute que la plupart des mesures prises sortent hors du champ d’application de l’État d‘alerte sanitaire tel que prévu par le code de la santé publique.

Pour ce qui concernent les répercussions politiques et institutionnelles de la crise, Dr Antoine KABORE pense l’éventualité d’un report des échéances électorales même si les politiques s’accordent de vive voix à la tenue à bonne date des élections. Toutefois, les membres AVOVID-19 estiment que des solutions juridiques adéquates doivent être envisagées en cas de report éventuel de la présidentielle et des législatives. Par ailleurs, pour ce qui est de la gestion budgétaire de la crise ils relèvent des inquiétudes quand aux sources de financement ainsi qu’aux modalités de gestion de ce budget.

Pour terminer, les conférenciers du jour ont laissé entendre que dans leur audit juridique sur la gestion de la crise ( réflexion portant sur la gestion juridique et administrative, la gestion socioéconomique et financière, les répercussions politiques et institutionnelles….), des recommandations ont été énoncées en vue d’une législation de crise claire, cohérente et pertinente qui tiennent compte de toutes les situations de crise et qui fixent les compétences et pouvoirs des différentes autorités.

Wendemi Annick KABORE

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