L’histoire de la pré-insurrection retranscrit par le Pr Patrice Kouraogo

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« La guerre verbale et symbolique de la période pré-insurrection au Burkina Faso : Analyse socioculturelle moaaga des joutes verbales et gestes des acteurs sociopolitiques » tel est le titre du quatrième livre du Pr Patrice Kouraogo dédicacé le mardi 7 août 2018. Cette œuvre retrace la vie tumultueuse qu’a traversée le Burkina Faso à cette époque.

 

Selon le Pr Patrice Kouraogo l’idée d’un tel ouvrage est née d’une simple discussion avec ses collègues sur le manque d’ouvrages sur les faits historiques du Burkina dont celui de l’insurrection. C’est de là alors qu’il décide de relever le pari de léguer un héritage à la postérité en relatant l’histoire de la pré-insurrection sous l’angle des discours,faits,gestes et paroles tenues par les hauts dirigeants et le peuple. L’auteur montre dans son ouvrage que la parole est semblable à de l’eau, une fois versée on ne peut la ramasser. Aussi ajoute-t-il la parole est semblable a des cailloux qu’on jette avant de préciser que la parole doit être « prudence ».
L’analyse spectaculaire de ce livre passe en premier lieu par la période de dénonciation, de refus, de calomnie entre les protagonistes créant ainsi une atmosphère de gestation de conflit qui conduira à un soulèvement populaire. Elle révise le meeting à travers lequel Harba Diallo remet un carton rouge à Blaise Compaoré, un fait qui traduit le ras le bol du peulh qui estime que le mossi a renversé la calebasse de lait. Ensuite « le balai citoyen » dirigé par l’artiste Smockey vient attester que le peuple est prêt à balayer les impuretés de sa nation. La riposte se fait à travers les propos de Assimi Koanda « s’il brule vos maisons, bruler les leurs » et la récidive du pouvoir à la modification de l’article 37. A ce stade de l’histoire, la paix est menacée quand l’ordre naturel des choses se bouleverse. Entre la légalité et la légitimité, la démocratie occidentale aura montrée ses limites.
La seconde phase se fait par le début de l’insurrection le 30 octobre 2014. Les marches faites par le peuple dirigé par le balai citoyen, la riposte des femmes de Bobo-Dioulasso avec leurs spatules sont des illustrations. L’écrivain rappel que dans la tradition, la spatule est symbole d’unité et de rassemblement. De ce qui ressort de cet affrontement verbal, elle nous a évité la guerre même s’il s’en est suivi de violence inouïe et d’affrontement sanglant.
Le constat fait par l’auteur c’est que les protagonistes et toutes les parties prenantes étaient égoïstes et ne cherchaient ni un terrain d’entente ni un consensus. L’histoire du pays aura connu des pages très sombres traduites par plusieurs évènements de 1915 à 1916 soulèvement en passant par 1966 1982,1983, 1987 jusqu’à l’insurrection en 2014 suivi d’une transition. Tout comme à l’image du peuple rwandais qui a connu le génocide mais qui s’est reconstruit peu à peu, l’auteur souhaite que le Burkina en soit de même. Selon lui, ce nouveau contrat que les dirigeants actuels doivent signés avec le peuple doit être véridique.
Cette insurrection traduit clairement l’esprit du peuple Burkinabè car c’est un peuple qui ne marchande pas sa liberté, qui préfère la mort à l’humiliation. Notre pays est une fierté et un exemple de force, de bataille et de courage raison pour laquelle nous devons travailler à garder cette paix et cette fierté a expliqué Patrice Kouraogo.

Christ-vi Ouédraogo (stagiaire)

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