Assassinat de DABO Boukary : « je n’ai été mis au courant qu’après le déroulement des faits », Gilbert DIENDERE

0

Le tribunal de grande instance Ouaga 2 a ouvert sa 3ème session de l’audience de la chambre criminelle de la cour d’appel de Ouagadougou, ce Lundi 19 septembre 2022. Au cours de cette session 30 chefs d’inculpation avec 42 accusés concernant 44 personnes de la partie civile avec 107 témoins seront traités. Parmi les dossiers figure celui de l’étudiant Dabo Boukary assassiné en mai 1990 dont le général Gilbert DIENDERE, Mamadou BAMBA, et autres sont les principaux accusés.

 

32 ans après la disparition de DABO Boukary, un procès s’ouvre pour mettre la lumière sur cette assassinat arrivée en 1990. Alors qu’il était étudiant en 7ème année, DABO Boukary un membres de l’ANEB va trouver la mort le 19 mai suite à une grève des étudiants qui a débuté le 16 Mai.

Ce Lundi 19 Septembre 2022, Mamadou BAMBA a comparu à la barre, pour donner sa version des faits. En rappel qu’au moment des faits il était étudiant, il a adhéré l’armée par l’intermédiaire de Rock Marc Christian KABORE. « Je suis allé voir Rock Marc Christian KABORE car on avait de bon rapport,  je suis allé lui parler pour qu’il  soit l’intermédiaire de mon adhésion dans l’armée. C’est une adhésion sur titre. Jai subis un traitement naturel », a laissé entendre Mamadou BAMBA.

Sur la grève de Mai 1990 il a déclaré « j’ai fais une déclaration et je n’avais pas les mêmes points de vue pour les répressions (…) après ma déclaration je suis parti et le lendemain j’apprends qu’il y a des étudiants qui ont été expulsés(…) pour moi les expulsions n’étaient pas la solution autant réfléchir aux solutions pour résoudre le problème au lieu de chasser des gens(…) je ne connaissais aucun étudiant exclu, j’ai juste lu une déclaration(…) je ne connaissais pas DABO Boukary ». Ainsi l’accusé a plaidé non coupable des faits.

 

Le général Gilbert DIENDERE qui à l’époque était capitaine et chef de corps du CENEC (Centre national d’entraînement de commandos) a comparu à la barre, a lui aussi plaidé non coupable.  « Lorsque j’ai vu le corps j’ai constaté le décès et cherché à savoir comment c’est arrivé (…) je ne sais pas ce qui était reproché aux étudiants car je ne savais pas pourquoi ils étaient arrêtés(…) je n’ai pas décidé de transférer le corps et les autres à Pô, c’était sous instructions(…) amener le corps à la morgue , c’était un peu difficile car à l’époque il n’y avait pas de chambre froide, on était en 1990,» s’est il justifié en affirmant n’avoir pas été au courant des faits ayant causés la mort de l’étudiant.

Selon le général Gilbert DIENDERE, c’est le nommé Gaspard Somé qui était à son temps un élément incontrôlable pourrait être à l’origine de tout ce qui s’est passé. « J’étais écœuré d’apprendre qu’il y avait toujours des étudiants qui étaient toujours en détention », puisqu’il affirme avoir reçu l’ordre de Blaise Compaoré, président au moment des faits, de libérer les étudiants qui avaient été arrêtés le 16 mai. Mais il a été informé plus tard ce qui s’est passé le 19 mai. Et de préciser que « Somé Gaspard se prenait comme un super homme car comme il faisait parti de ceux qui ont œuvré à l’avènement de Blaise Compaoré au pouvoir. Il se voyait intouchable »

Dans la suite du procès ce Mardi 20 Septembre , des témoins ont comparu au tribunal pour l’affaire BADO Boukary. George Marie COMPAORE, qui avait le commandement d’une compagnie de service et de préciser qu’au moment des faits il n’était pas au conseil de l’entente. « j’ai appris le décès de DABO Boukary le lendemain après midi en ville. C’est tout ce que je sais(…) à l’époque j’étais commandant de service qui était rattaché au conseil de l’attente qui était sous les ordres de Gilbert DIENDERE(…) », dit-il.

A la question de savoir si réellement Somé Gaspard était un élément incontrôlable, il dit n’avoir jamais assisté a ses agissements d’indiscipline. « en terme de discipline je ne pense pas que Gaspard SOME était aussi indiscipliné que ça, il ne pouvait pas prendre une décision de façon volontaire (…) selon moi , les instructions sont venus du côté civil(…) On m’avait dit qu’il était barbare et qu’il battait même les civils », a-t-il dit.

 

Bertain SOMDA, chef d’Etat major de la gendarmerie à l’époque, malgré sa position affirme ne pas être au courant de quoi que ce soit. « En réalité je n’en sais rien du tout. J’ai appris l’affaire par les médias comme tout le monde (…) Abel TOMA arrêté par la gendarmerie à Pama(…) je n’ai jamais été informé de l’arrestation de cet homme, je n’ai pas reçu de compte rendu », a-t-il soutenu.

 

Quant à Halidou OUEDRAOGO, qui était à son temps président du Mouvement Burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) est revenu sur les évènements du 16 mai et le 19 mai 1990. « j’ai été approché par les étudiants de l’UGEB pour exposer le problème(…) nous avons fait monter le dossier à haut lieu pour demander la libération des étudiants detenus, chose qui a été faite (…) Après le 16 Mai 1990 des interpellations ont continué(…) c’est là que nous avons appris la disparition de l’étudiant DABO Boukary, 3 ans après nous avons saisie la commission africaine des droits de l’homme et des peuples qui a condamné l’Etat Burkinabè ».

Nafissatou YEMBONE (Stagiaire)

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez laisser un commentaire
Veuillez entrer votre nom

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.