Affaire DABO Boukary : «ce procès nous enseigne une leçon(…) c’est que nul n’est jamais éternellement puissant pour échapper à la justice tout le temps », Abdoul Karim SANGO 

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Ceci est une opinion de Abdoul Karim SANGO sur le verdict du procès de l’étudiant DABO Boukary. 32 ans après sa mort, justice a été enfin rendue.

 

Le verdict du procès Dabo Boukary est à la fois historique et pédagogique. Historique parce que depuis 32 ans, la famille de Dabo et la communauté des étudiants burkinabè regroupés au sein de l’Association nationale des étudiants burkinabè ( ANEB) n’ont cessé de réclamer vérité et justice pour Dabo Boukary. Quand j’étais moi-même étudiant, cela fera plus de 25 ans en arrière, nous nous retrouvions tous les 19 mai sur le terrain Dabo Boukary pour porter ce combat. Je voudrais rendre un hommage particulier à toutes les générations d’étudiants à travers l’ANEB qui ont porté ce noble combat pour la liberté et la justice.

Hélas, le système Compaoré et sa justice acquise à des causes contraires au principe de l’Etat de droit ont empêché la manifestation de la vérité sur ce dossier. Il est évident que dans le contexte de l’époque il fallait être un juge « fou » pour oser décider du jugement d’un tel dossier.

Il a fallu l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 pour offrir des perspectives de jugement à ce dossier et bien d’autres qui ont pourri la vie socio politique de notre pays durant ces 30 dernières années.

Au plan pédagogique, ce procès nous enseigne une leçon importante que tous les princes d’aujourd’hui et de demain doivent garder en mémoire, c’est que nul n’est jamais éternellement puissant pour échapper à la justice tout le temps.

Après le dossier du Pustch, celui de l’affaire Thomas Sankara, Dabo Boukary, et très bientôt je l’espère le dossier Norbert Zongo, j’en viens à me demander si nous étions gouvernés par des monstres ou par des humains ? Comment des Burkinabè en sont-ils arrivés à traiter avec autant de cruauté leurs frères juste pour la conservation du pouvoir ? Quand on aura fini de juger le dossier Norbert Zongo, les Burkinabè pourront ensemble redéfinir le nouveau contrat social pour donner la chance aux nouvelles générations de vivre dans un pays plus démocratique et respectueux des principes de l’Etat de droit.

Pour terminer, j’exprime toute mon admiration à notre justice qui me rend davantage fier du travail que nous avons mené en 2015 pour garantir son indépendance. Les juges et magistrats ne devraient pour rien au monde brader leur indépendance au profit de régimes prédateurs des libertés et droits du peuple. Les régimes passent, le peuple au nom de qui ils rendent la justice, demeure !

Abdoul Karim SANGO

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